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Full text of "Mimographie, ou Essai d'écriture mimique propre à régulariser le langage des sourds-muets"

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MIMOGRAPHIE, 



4299Î9 




'"• % *« OU 



ESSAI D'ÉCRITURE MIMIQUE, 



PROPRE A RÉGULARISER 



LE LANGAGE DES SOURDS-MUETS. 






RK..^ Bei', 



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Dut iai w i ntti 









À ££KIS, 



CHEZ LOUIS COLAS, LIBRAIRE, 

RUE DAtJPHINE, N°. 32. 
1825. 






VILLE DE LYON 
HUioLk. du I alfcis des Âsts 




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PARIS. — IMPRIMERIE DE FAIF, RUE RAÇIBE, M°. 4, P^CE DE l'oDEORV 



tizedbyQ&Og À [ - 



Depuis kmg-teinps on avait reconnu , dans 
l'institution dés soUrds-muets , la nécessité 
de soumettre à une méthode régulière et 
uniforme l'enseignement , abandonné, jus- 
qu'ici * à l'arbitraire ou aux tâtonnemens 
de chaque instituteur et de chaque répéti- 
teur. 

On avait remarqué une pareille incerti- 
tude dans les signes destinés à mettre en coin* 
munication Tes maîtres et les élèves} et dans 
plusieurs exercices publics , on avait vu des 
inst&uteurs , qui avaient une très-longue 
expérience, embarrassés pour transmettre 
quelques pensées aux sourds-muets , même 
les plus instruits* La faute en fut imputée, 
ainsi qu'on peut le croire , à la nature du 
langage mimique , dont on exagéra le vague 
et l'irrégularité, parce qu'on ne lavait pas 
assez étudié pour en connaître toutes les 
ressources* * * 

Cependant, comme la première condition 



IV 



de tout enseignement est que le maître et îe 
disciple puissent s'entendre, le conseil d'ad- 
ministration des sourds-muets qui avait déjà 
adopté /pour servir de type a la méthode , 
le Manuel de l'instituteur que je lui avais 
présenté, jugea que, pour compléter ce tra- 
vail, je devais tracer les principales règles 
du langage mimique, et joindre à chaque 
exemple la description des signes propres à 
l'expliquer (i). 

Mais il n'est pas plus facile de décrire des 
gestes par des paroles , que de peindre des 
paroles par des gestes. J'avais pensé%que 



(i) Une' commission formée dans le sein même du conseil 
fut chargée d'examiner cet ouvrage. D'après* son rapport , il 
fut arrêté que Son Excellence le garde des sceaux serait prié 
d'en autoriser L'impression, aux frais du gouvernement. 

Cette démarche n'ayant pas eu le succès qu'on devait en 
attendre , le conseil n'a pas voulu . laisser dans l'oubli un 
ouvrage jugé indispensable à l'enseignement y et a pris des 
mesures pour qu'il soit publié sans retard. 
/J/ Essai sur les sourds-muets et sur le langage naturel 
1817. — Éloge de l'abbé de l'Épée, couronné par la Société 
royale académique des sciences. "^1 




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Oeogle 'J\- 



Fou pourrait arriver au même but , en sub- 
stituant à une description de ce genre , tou- 
jours longue, quelquefois embarrassée, et 
souvent inintelligible, une écriture mïmo-' 
graphique, c'est-à-dire des chiffres, des ca- 
ractères propres à peindre le geste, de la 
même manière que les lettres peiguent la 
parole. 

J'ai déjà exposé , dans une lettre au con- 
seil les avantages qui pourraient sortir de- 
l'établissement d'une pareille écriture. J'of- 
fre maintenant aux instituteurs le résultat 
de mes recherches 5 je l'offre aux parens et 
aux amis des sourds-muets, et à toxis ceux 
qui prennent intérêt à l'avancement d'un 
art cher à l'humanité* 

L'enseignement des sourds-muets n'at- 
teindra à sa perfection, que lorsqu'on aura 
pu composer un vocabulaire mimique, as- 
sez fidèle pour servir de régulateur au lan- 
gage des gestes. 

Si l'o» juge que je n'ai pas complètement 



réussi, je crois du moins avoir assez fait 
pour qu'il reste prouvé que la peinture du 
langage d'action n'est pas une entreprise 
chimérique. J'ai tracé la route $ un autre, 
plus hahile ou mieux secondé, atteindra la 
buU 




TN : 



MIMOGRAPHIE, 



ou 



ESSAI D'ÉCRITURE MIMIQUE. 



■ ■ ^flt 



Il y a un langage qui est de tous les lieux et de 
tous les temps , dont le type est partout le même, 
parce qu'il est l'expression de notre organisation qui 
ne varie pas; un langage qui a précédé toutes les 
langues, et qui a présidé à leur formation; qui, 
dans ses formes générales, est également compris 
sous la hutte du Huron et sous la tente de l' Arabe; 
sous le chaume, comme sous les lambris dorés* Nos 
premiers pères l'ont parlé^ et il sera entendu de nos 
derniers neveux. 

Par ce langage,, l'homme n'est nulle part étranger 
à l'homme. C'est par lui que deux sauvages , de tri- 
bus éloignées, entendent réciproquement leurs pen- 
sées, sans entendre leurs langues. Par lui le voyageur,, 
égaré loin de sa patrie, sait demander un abri pour 
reposer sa tête, des alimens pour réparer ses forces. 
Qui jamais a pu se méprendre sur le signe de la 
faim ou de la soif, du plaisir ou de la douleur, de la. 
crainte ou de La confiance ? Qui jamais a pu confoa- 

VILLE m LYON 

MblioUUulalaiUMirtl 



a 
dre le geste de ITiumble prière et celui de la colère 
menaçante , l'expression affectueuse de la bienveil- 
lance et ceîle de la haine qui repousse? 

Admirable effet de l'union de l'âme et du corps, 
de l'esprit et de la matière : tout ce qui se passe au 
dedans de nous se réfléchit et dans notre physiono- 
mie et dans nos gestes. 

De cette double porte ouverte à nos idées sort un 
langage aussi riche qu'expressif, le langage mi- 
mique. C'est la langue de ceux qui n'en ont point ; 
c'est celle des sourds-iriuets; ou plutôt, c'est le lan- 
gage propre de l'espèce humaine. 

Dieu ne nous a pas donné l'intelligence pour qu'elle 
restât emprisonnée dans le cerveau; mais pour qu'elfe 
se manifestât à l'intelligence de nos semblables : et ta 
pensée, essentiellement exparisive, n'a pas attendu 
l'invention de la parole pour éclater et faire rayonner 
au dehors sa lumière et sa chaleur. Le langage d'ac- 
tion en fut l'expression primordiale. S'il nous paraît 
être devenu, en quelque sorte, le privilège du sourd- 
muet, c'est que le besoin, ce maître industrieux, 
génie de l'invention, en développe en eux toutes les 
ressources; tandis que l'usage héréditaire et si com- 
mode de la parole nous fait négliger et oublier notre 
propre langage. Maintenant nous admirons le geste 
expressif du sourd-muet, comme la noble dame chi- 
noise, chancelant sur ses petits pieds délicats, admire 
la femme du peuple qui marche droite et aierte. 

On se trompe étrangement quand on suppose que 
le langage d'action n'est propre qu'a dessiner impar- 
faitement aux yeux les formes des corps , pu à repro- 
duire, par l'imitation, les actes physiques. Il est 



•TV, *SI K 



IX 



3 

bfen mieux l'interprète dés sentimens et des pensées. 
Aucune langue n'est plus propre à porter dans l'âme 
de fortes et de profondes émotions; et s'il était aussi 
heureusement cUltivé qu'il mériterait , de rêtré, sa 
clarté et sa précision dans l'expression des actes dé 
l'entendement, égaleraient, peut*être, sa véhémence 
et; sa chaleur dans la peinture des passions. C'est ce 
double caractère du langage d'action qui produisait 
ces merveilles que l'on nous raconte des anciens 
pantomimes, et que nous sommes tentés de reléguer 
parmi les fables de l'antiquité. 

Nous savons que l'art des Pilade et des Bathylle 
balançait, effaçait, sur le théâtre de Rome, l'art des 
Sophocle et des Ménandre. Si cette préférence fait 
peu d'honneur à la délicatesse et à la pureté du goût 
des Romains, ce serait aussi faire trop d'injure à 
leur esprit , que d'assimiler , à la pantomime informç 
de nos théâtres, cette pantomime ancienne, tour à tour 
gracieuse ou pathétique , sévère ou voluptueuse, 
toujours pleine de noblesse ci de vérité, qui faisait 
les délices du sénat et du peuple, charmait Auguste, 
et sut plaire même au grave Sénèque. 

Nous en prendrons uite plus juste, une plus noble 
idée dans le jeu muet de Talma. A travers sa phy- 
sionomie mobile percent toutes les pensées qui se 
pressent, se combattent ou se heurtent dans son 
esprit; tous les mouvemens de son âme échappent 
pu dehors par un geste expressif, et viennent saisir 
et remuer l'âme du spectateur. S'étonnera-t-on qu'a- 
vec-de tels élémens naturels, développés et combinés 
avec habileté , le génie de Roscius ait pu se créer 
un langage qui luttait d'énergie, de précision et de 



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4 

flexibilité, avec les périodes harmonieuse» de Cicérou ? 
Après Roscius et Ésope , Pilade et BathyHe élevèrent 
la pantomime à un degré de perfection quelle ne 
paraissait pouvoir jamais atteindre.Leurs successeurs > 
toujours plus encouragés, plus honorés, voulurent 
justifier ces faveurs par une laborieuse émulation, qui 
tourna à la gloire de l'art. Il faut voir dans Lucien 
et dans Cassiodore , combien de qualités, combien 
de connaissances on exigeait de L'homme qui se 
destinait à cette carrière difficile. La grammaire , la 
poésie, l'histoire, la philosophie, la géométrie t 
toutes les sciences , tous les arts devaient concourir 
à former le pantomime. 

Ce serait une question neuve et intéressante que 
de rechercher les principes du langage d'action , 
d'en déduire les règles, et d'en développer les ri- 
chesses. Un tel sujet, bien traité, n'intéresserait pas 
seulement l'instituteur des sourds-muets; il ne serait 
pas indigne de l'attention du philosophe; le gram- 
mairien y trouverait de grandes lumières sur la mé- 
taphysique du langage, et l'artiste y pourrait puiser 
d'heureuses inspirations. 

C'est le langage d'action qui donne la vie et le 
sentiment à la peinture, à la sculpture, comme à 
l'art du comédien. C'est lui qui, animant la toile et 
Galathée, nous enivre, comme Pygmalion, d'admi- 
ration et d'amour; c'est lui qui, reproduisant, sou* 
le ciseau, les douleurs de Laocoon ou de Niobé, 

Sur un mafbre expirant nous fait verser des pleurs. 
Cesl de lui que la poésie emprunte ses plus vives 



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5 
images , et l'éloquence ses plus sûre moyens d'entraî- 
ner et de persuader. Tel est enfin soft empire sur les 
cœurs et les esprits, que, pour se soustraire à son 
influence trop puissante, le tribunal le plus sage de 
l'antiquité, l'aréopage, ne prononçait ses arrêts que 
pendant la nuit. 

Je ne prétends pas considérer le langage d'action 
sous un point de vue si élevé et si étendu ; je l'ai en- 
visagé dans son application immédiate, dans ses rap- 
ports avec renseignement des sourds-muets ; je l'ai 
étudié chez ces infortunés , dont H est la langue 
habituelle. Gomme c'est l'expression fidèle et naïve 
de leur esprit, on pense bien que l'on doit y trouver 
les traces fréquentes de leur ignorance et de leur 
inexpérience. Mais , tout imparfait , tout informe 
qu'il se montre encore en eux, il ne manque quel- 
quefois ni de grâce, ni de force , ni de souplesse, et 
laisse entrevoir tout v ce qu'il pourrait devenir, si 
tous les instituteurs voulaient réunir leurs efforts, 
pour le développer d'après un plan régulier et lo- 
gique. 

Il est reconnu que la perfection des signes du 
langage exerce la plus grande influence sur la forma- 
tion des idées , et même sur le développement de l'in- 
telligence : et ce n'est pas trop en présumer, que de 
dire qu'un système régulier de signes établis sur la 
nature et sur l'analogie des idées, allégerait de moitié 
là tâche de l'instituteur et le travail des élèves. 

On ne saurait donc accorder une trop sérieuse at- 
tention à cette partie si importante de l'art d'instruire 
les sourds-muets. • 

a 

Mats pourrait-on se flatter d'exposer, et de, fixer 



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6 
les règles d'une langue , sans faire connaître les mots 
de cette langue ? 

Peut-on tracer un tableau satisfaisant du langage 
d'action; peut - on ei> établir les règles, sans faire 
connaître les signes 4e ce langage ? 

Or, Ton tenterait vainement de décrire des signes \ 
mimiques avec des mots. Cependant, si Ton veut 
rapprocher, comparer, combiner ces signes, et sur-» 
tout, si l'on veut conserver et transmettre les résul- 
tats d'un travail si précieux, il faut un moyen de 
peindre ces signes, de les fixer sur le papier. La 
peinture ordinaire serait d'un faible secours, fût-elle 
ausivi rapide et aussi facile qu'elle est lente et difficile : 
La peinture est immobile, et le geste est un mouve- 
ment. 

Il faudrait pouvoir écrire la pantomime aussi vite? 
que l'on écrit la parole. 

Voilà le problème qui m'a occupé , et dont la so- 
lution ferait faire un grand pas à l'art d'instruire les 
sourds-muets. 

Je suppose qu'à côté de chaque mot l'on puisse 
écrire le signe mimique correspondant. Si ce signe 
est juste, s'il est l'expression fidèle de l'idée, il sera 
adopté dans toutes les écoles. S'il est inexact, il pro- 
voquera une discussion, qui éclairera les esprits et 
amènera une correction. Le langage se perfectionnera, 
se fixera, il sera le même dans toutes les écoles; et 
ces améliorations, franchissant nos frontières, rétablir 
ront, pour les sourds-muets, l'uniformité du langage na- 
turel, au milieu de la diversité des langues, qui divise 
les peuples. L'arbitraire et les systèmes erronés en se- 
ront peu à peu écartés pour faire place à la raison et 



£"^C3k*r- r£*>| 



1 

À la vérité, qui peuvent seules obtenir l'assentiment 
général et triompher de toutes les résistances. 

On finira par établir un vocabulaire. Il sera né- 
cessairement dans un ordre naturel, c'est-à-dire lo- 
gique; parce que les rapports des signes entre eux, 
sont parallèles aux rapports des idées. Le sourd-muet 
pourra conserver les connaissances acquises, les for- 
tifier par la classification, les augmenter par l'étude. 
Les observations ne resteront plus isolées et person- 
nelles; l'expérience et les travaux d'un instituteurne 
seront pas perdus pour les autres, et l'art ne sera 
pas toujours h recommencer. 

Telles sont les considérations qui m'avaient porté, 
il y a long-temps , à chercher un caractère propre à 
écrire les signes mimiques. Je ne me dissimulai pas 
la difficulté dé l'entreprise; mais je fus soutenu par 
la perspective des avantages qui en doivent résulter 
pour les sourds-muets. Des motifs étrangers à la chose 
m'avaient fait suspendre ce travail déjà fort avancé; 
le vœu exprimé dans le procès verbal des séances du 
Conseil d'administration, m'a décidé à faire connaître 
le résultat de mes recherches. 

Quand cet essai n'aurait servi qu'à prouver que 
l'écriture du geste n'est pas une tentative chimérique, 
je ne croirais pas avoir tout-à-fait perdu mon temps; 
j'aurais ouvert la voie à un plus habile, et le bien 
arriverait tôt ou tard. Quelques personnes qui avaient 
d abord jugé la chose impraticable, en sont venues à 
dire qu'il n'y avait pas grand mérite à une invention 
si facile. Cette opinion me paraît d'un bien favorable 
augure, puisqu'elle me donne lieu d'espérer que la 
mimographie , n'étant embarrassée par aucune diffi- 



>ogk 



ruilt<e, atteindra bientôt à un degré de perfection^ 
en garantira le succès. Si je ne m'aveugle point , 
récriture ipimographique , telle que je l'offre ici , et 
malgré tout ce qu'elle laisse encore à désirer, peut 
déjà, dans son application, produire d'heureux résuN 
tats. En fixant , avec le signe, le sens des mots, si fu-* 
gitif pour le sourd-muet, elle offrira un pivot solide 
à l'attention', une aide à la mémoire, un instrument 
d'analyse à la réflexion et à la démonstration; enfin, 
les rapports des idées, rendus plus sensibles par l'ana- 
logie des signes, pourront damier le jour à dés aper- 
çus intéressans et inattendus* 

Je dois faire observer que je n'ai point prétendu 
composer une écriture qui peignît immédiatement; 
les idées. Une écriture. purement idéographique, si 
souvent et toujours vainement cherchée, fût-elle 
même hors des toute controverse, ce qui est impossible, 
n'eût pu remplir mon but, qui est de faire connaître 
aux sourds-muets la valeur des mots par le moyen 
des signes qui leur sont familiers. Je me suis attaché 
à représenter le signe mimique, sans considérer, pour 
le moment, sa justesse. Ainsi , pour juger de cette 
écriture, il ne faut pas demander si tous les signes 
que flous écrivons sont l'expression exacte dçs idées ';' 
mais seulement si les caractères que nous employons 
peuvent peindre fidèlement le signe, quel qu'il soit. 
Ce sera ensuite aux instituteurs à corriger, à perfec- 
tionner les signes de leurs élèves, pour en former une 
langue régulière. 

Mon premier soin , comme je l'ai dit, fut de cher- 
cher à représenter le geste par un moyen si simple , 
qu'il ne fut pas hors de la portée des plus jeunes 



9 

élèves. Telle est la partie essentielle , fondamentale f 
dé celte écriture; c'est la seule dont il soit question 
dans cette esquisse. 

Mais, comme le papier ne saurait répondre, ainsi 
qu'un interlocuteur, aux questions du lecteur» <?t l'é- 
clairer, par Une explication subsidiaire, sur les amphi- 
bologies et les obscurités qui peuvent se rencontrer 
dans un langage encore trop peu étudié, je pense que 
si Ton voulait mettre sur le papier un discours mi- 
mique de quelqu'étendue , il serait indispensable que 
le signe écrit fut encore plus clair, plus précis que le 
signe vivant, tel que nous l'observons dans le langage 
actuel des sourds-muets. 

Je crois que l'on obtiendrait cette amélioration, au 
moyen de quelques signes idéographiques , qui pour- 
raient s'ajouter au signe miinographique, sans l'alté- 
rer , et seraient destinés, soit à donner plus de préci- 
sion à chaque idée, par l'indication du genre et 
de l'espèce; soit à éclairer l'expression collective de 
la pensée, en établissant la nature de chaque expres- 
sion considérée dans ses rapports avec les autre? 
ternies de la proposition. 

Mais on sent que ce système de «ignés secondaires 
serait entièrement subordonné au degré de perfec- 
tion du premier , qui en est indépendant , peut s'en 
passer, et doit même le faire pendant long-temps; 
puisqu'il s'agit d'abord trie» moins d'écrire un long 
discours mimique, que d'établir une sorte de voca- 
bulaire , et de fixer le sens de chaque mot isolément. 

Comme, en second lieu, ce système de signes 
idéographiques ne pourrait être à l'usage des élèves 
Commençons, et qu'il s'appuie sur une théorie qui 



"~^ J T i fr " R&i tized ^^QP§fë 



10 



tt besoin de démonstration , nous lé renvoyons à un 
autre temps, afin de ne pas embarrasser un art de 
pratique par des combinaisons pour le moment su- 
perflues, et pour ne pas faire rejaillir sur un système 
positif et tout entier appuyé sur des faits, la défa- 
veur qui pourrait s'attacher à des spéculations tou- 
jours contestables. 



ÉCRITURE MIMOGRAPHIQUE. 



SIGNES ÉLÉMENTAIRES. 



Planche I. 

Si Ton considère la prpdigieuse variété des signe» 
du langage mimique, on pera tenté de traiter de chi- 
mère toute tentative qui voudrait le fixer sur le papier. 
L'esprit s'effraie d'abord de la quantité de caractères 
qui semblent nécessaires pour peindre cette multitude 
indéfinie de signes. 

On revient à des idées plus justes, quand on con- 
sidère que pour écrire cette immense quantité de 
mots, qui composent 1? vocabulaire de toutes les 
langues qui se parlent sur la surface du globe, il ne 
faudrait, peut-être, que trente ou quarante caractères 
élémentaires* 

Serait-ii donc impossible de réduire aussi tout le 
langage d'action à un petit nombre d'élémens, à la 
peinture desquels on affecterait certain* caractères? 






tlh signe tniftiiqué est composé d'un ou de plu- 
sieurs gestes. 

Un geste est un mouvement extérieur, partiel où 
général du côrpsv 

Si nous pouvons trouver un caractère pour repré- 
senter l'organe qui agit, et un autre pour le mouve-. 
ment qui est exécuté, le geste sera écrit; et il ne 
nous manquera plus, pour compléter le tableau, que 
de pouvoir indiquer, s'il y a lieu, l'expression de 
physionomie qui accompagne quelquefois le geste. 

Or, rien ne nous empêche de choisir un caractère 
pour indiquer le mouvement. Prenons tin fragment 
de roue, ou le segment de cercle que décrit l'oscilla- 
tion du pendule : O, C,gouU sera le signe général 
du mouvement. 

Par la position que nous donnons à ce caractère , 
et par un rayon que nous y ajoutons pour plus de 
précision, nous spécifions ce mouvement, et nous 
en indiquons la direction, de droite à gauche, de 
gauche à droite , de haut en bas, de bas en haut, etc. 
( Voyez planche I , première colonne. ) 

Ces caractères sont susceptibles de diverses modi- 
fications. 

Si le mouvement décrit une courbe, le rayon se 
courbe de même (voyez colonne B); s'il est circu- 
laire, le rayon s'arrondit ( colonne C, planche I). 
La quatrième colonne de la planche I comprend tous 
les mouvemens obliques. 

iV. B. Il est important de faire bien attention à la 
position du segment ; pour ne pas se méprendre sur 
la direction qu'indique le rayon dans les colonnes B 
CptD: 



112 

Quand le segment indique un mouvement de droite 
à gauche ou de gauche à droite, le mouvement^ 
courbe, circulaire ou oblique, s'exécute dans un plan 
horizontal , sans hausser ni baisser la main. 

Quand le segment est dirigé de haut en bas ou de 
bas en haut, le mouvement s'exécute dans un plan 
vertical. 

L'explication qui est à droite du tableau se rap- 
porte à la fois aux trois colonnes B, C, D. 

Le premier caractère de la colonne B exprime un 
mouvement courbe de gauche à droite et de devant 
en arrière. 

Le premier caractère de la colonne C indique un 
mouvement circulaire de gauche à droite et de 
devant en arrière. 

Le premier caractère de la colonne D exprime un 
mouvement oblique de gauche a droite et de devant 
en arrière. % 

Sous le titre de mouvement de flexion, il faut 
comprendre le mouvement par lequel l'organe se 
ferme, comme dans les signes de fermer la main , 
fermer la bouche , fermer les yeux. Le mouvement 
d'extension est l'opposé du mouvement de flexion ; 
il faut donc comprendre, sous ce titre , le mouve- 
ment de l'organe qui s'ouvre comme dans : ouvrir les 
yeitx , ouvrir la main , etc. , etc. 

Nous avons réuni , sous la dénomination de mou- 
vemens propres, deux espèces de mouvemens qui 
s'exécutent dans la partie même, sans entraîner les 
parties attenantes : 

i°. Mouvemens de rotation (a) de droite à gauche, 



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éj ^—*1 



13 
ou ûV gauche à droite ^ centime quand la main tourna 
Stir le poignet , ou la tête sur la colonne vertébrale. 

2°. Mouvemens de droite à gauche où de haut en 
bas (b) , analogues à ceux qu'exécute la main dans 
l'articulation dû poignet et de l'avttnt-bras, et par 
lesquels elle se porte légèrement de droite à gauche 
ou de gauche à droite, sans que le bras se meuve. 

N. B. Si l'organe n'est susceptible que d'une seule 
espèce de mouvement, c'est-à-dire, si dans son riiou- 
Veinent il n'entraîne jamais les parties attenantes 
nous nous servons des caractères généraux (colonne 
A , B , C > D ) comme plus précis, et d'une forme plus 
nette. , 

Pour indiquer les modifications dont chaque mou- 
vement est susceptible, nous faisons, usage d'accens 
que nous plaçons sur les caractères du mouvement 
pour indiquer s*il est lent ou vif, bref ou prolongé' 
successif ou réitéré , exécuté avec apparence de force 
ou de faiblesse, de pesanteur ou de légèreté* 

Un même caractère peut, au besoin, recevoir à la 
fois plusieurs de ces accens. 

La fo^me de ces accens est arbitraire ; cependant 
pour aider la mémoire , nous avons voulu les emprun- 
ter à des objets ou à des signes déjà connus. 

L'accent de la vitesse rappelle les ailes d'un oiseau 
ou le dard d'une flèche. 

L'accent delà lenteur est emprunté à là disposition 
des cornes du bœuf. Celui de la brièveté est cormu- 
c'est tin signe de prosodie. Je l'ai renversé pour indi- 
quer la modification opposée. 

L'accent du mouvement successif est une ligne 
brisée. 






i4 

J'entends par mouvement successif celui qui s'exé* 
cute par une suite de petits mouvemens interrom- 
pus, mais s& poursuivant dans la même direction. 



Planche II. 
i°. Caractères de la main. 

La main est le principal instrument du langage 
mimique. C'est la main qui exécute la plupart des 
signes, avec ou même sans le concours de la physio- 
nomie. ( Voyez planche III , B. ) C'est aussi, de tous 
les organes du geste, le premier que nous chercherons 
à peindre. 

Le caractère que nous adopterons est le dessin 
même de la main réduit au trait essentiel. On en 
trouve le type dans la figure que Ton tracerait en 
suivant , avec un crayon , le contour de la main 
appuyée Sur une table ou sur du papier. 

Les diverses positions que nous donnerons à ce 
Caractère, indiqueront les positions analogues de la 
main. (Planche II, A.) 

Nous avons constamment donné , dans cette plan- 
che, un signe à chaque main. On peut donner le même 
signe à l'une et à l'autre main , ayant soin de le sur- 
ihonter d'un accent grave ( de droite a gauche) pour 
la main gauche, et d'un accent aigu (de gauche à 
droite) pour la main droite : c'est assez pour prévenir 
toute incertitude. Par ce moyen , le nombre des 
signes de la main se trouvera réduit de moitié. 



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i5 

La première colonne double représente les di- 
verses positions de la main vue de dos. 

La deuxième , la main vue de face. 

La troisième et la quatrième, la maiti vue de pro- 
fil , soit par le bord externe ( colonne 3 ) ., soit par le 
bord interne ( colonne 4 )• 

La boucle que l'on remarque dans les caractères 
de la deuxième et de la quatrième colonne, représente 
la ligne qui contourne, dans la paume de la main, 
l'éminence du pouce; et rappelle ainsi que, dans ces 
diverses positions, la paume de la main est en vue 
de celui qui gesticule. Cette boucle sert à distinguer 
ces caractères de ceux de la première et de la deuxième 
colonne. 

Les signes de la première tranche horizontale se 
répètent fidèlement pour la forme, mais avec des 
changemens de position , dans les tranches 2,3, 4- 
Ce sont encore les mêmes signes que l'on retrouve 
dans les tranches 5 et 6 ; mais seulement ils y sont 
racourcîs, parce qu'ils figurent la main vue en ra- 
çourci, telle qu'elle s'offre à l'œil, lorsque la pointe 
des doigts est dirigée horizontalement en avant 
( tranche 5 ) , ou bien tournée contre la poitrine 
(tranche 6)- 

On peut remarquer que tous ces signes peuvent se 
rapporter aux quatre caractères doubles de la pre- 
mière tranche. 

Les mêmes signes, légèrement modifiés, repré- 
sentent les doigts rapprochés par leur extrémité 
(tranches 7 et 8). 



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^ r 1 mmiÊkÊÊmÊÊÊÊmÊÊÊÊmk 



i'6 



Caractères des diverses parties du corps. ( Planche 
2. B.) 

Le dessin nous donnera encore pour toutes les 
autres parties du corps des caractères représentatif^ 
qui, pour être compris et retenus, n'exigeront ni 
effort d'attention ni effort de mémoire, parce qu'ils 
ont toujours un rçtppoçt direct avec la chose si gni-? 
fiée, ' •"' : - 

Ces caractères n'indiquent pas sous quelle face 
chaque partie est censée représentée; s'il faut le 
marquer avec précision, nous faisons usage d'accens 
imités du caractère déjà, connu du mouvement, les- 
quels indiquent s'il s'agit de la partie antérieure ou 
postérieure, supérieure ou inférieure,' droite ou gau- 
che, ou même s'il est question de l'intérieur de l'or-? 
gane. {Voyez planche I.) 

TV. B. Les boucles que l'on remarque dans les ca-f 
ractères de la sixième colonne, planche II, correspon- 
dent aux articulations des parties désignées. 

Le caractère d'une partie étant adopté, nous en 
formons les caractères des sous-divisions, au moyen 
d'un trait qui coupe et est censé retrancher la partie 
dont il n'est pas question. Ainsi, s'agit-il de désigner 
l'avant-bras , nous barrons la partie supérieure du 
caractère qui correspond à la portion fémurale du 
bras. Faut-il, au contraire , indiquer cette dernière 
partie, la barre traversera la partie inférieure du ca- 
ractère, laquelle représente l'avant-bras (figure 9, 
colonne 6 , planche II ). 

C'est par le même procédé que nous désignons la 



%l^ ^ ^^^M^^-^^i^^--^ . 



*7 
jambe (figure 6 , colonne 6 ), la jambe et le pied 
(figure 7 ) , le pied ( figure 8 ). 

Quand nous voulons indiquer seulement la partie 
articulaire, coranje le. coude, l'aisselle, (figure 12)., 
l'épaule , (figure 1 i), nous la marquons par un point. 

Points physionomiqitet. 

Nous savons déjà indiquer, par nos chiffres mimo- 
graphiques, et l'organe qui gesticule et le mouve- 
ment qu il exécute. Nous pouvons donc écrire' la plus 
grande partie des signes. 

Mais il arrive souvent que te signe est modifié par 
le mouvement de la physionomie : il faut donc pou- 
voir écrire aussi ce troisième élément du langage 
mimique. 

Mais les causes r qui mettent en jeu la physiono- 
mie, peuvent se combiner et se modifier de mille 
manières différentes. Il en résulte une infinie varié- 
té de nuances dans les expressions de la physiono- 
mie. Tenterons * nous de Jes reporter toutes sur le 
papier? Le pinceau du peintre le plus habile se trou- 
verait en défaut. Il n'est pas même donné à toutes, 
les physionomies de réfléchir tous les mouvemens de 
rame. Et parmi les expressions du visage qui nous 
paraissent les plus significatives, combien y en a-t-il 
qui ne doivent leur clarté et leur énergie qu'au geste 
qtii les accompagne ? La miiiiographie ne peut pré- 
tendre à une précision qui est refusée au langage 
vivant, dont elle est la peinture. Nous croirons avoir 
atteint le but, si nous pouvons indiquer les expres- 



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i8 

slons de physionomie qui sont nécessaires k la clarté 
de la pensée. 

Mais le jeu delà physionomien'estpastoujoursunéIé-= 
ment indispensable du signe. Ce n'est souvent qu'un 
agréable accessoire qui colore et anime le tableau de la 
pensée. Nous pouvons, la plupart du temps, nous dispen- 
ser de l'indiquer. L'intelligence du lecteur y suppléera 
facilement par le sens même du signe. C'est ainsi 
que nous reconnaissons, par le sens d'une phrase, le 
ton et l'accent dont il convient de la prononcer. 

Dans l'écriture ordinaire , nous n'avons qâe deux; 
signes pour indiquer l'intonation : le point d'admira-; 
tion et le point d'interrogation. 

Nous conservons ces deux points dans récriture 
mimographique, en le^ appliquant aux. mêmes mou-» 
vemensde l'âme, exprimés non plus par des modifi- 
cations de la voix, mais par des mouvemens du visage, 
Nous y ajoutons dix autres points physionomiques 
qui, par un léger changement, indiquent $ chacun, 
deux mouvemens opposés , comme le plaisir et la 
douleur, l'affection et la haine, etc. Chacun de ces 
points physionomiques pAit désigner encore trois 
degrés de la même expression , marqués par un , deux 
ou trois points. Nous pouvons donc écrire , de cette 
manière , vingt-deux expressions physionomiques n 
susceptibles, chacune, de trois nuances. 

Il est important de ne pas se méprendre sur la 
valeur et la destination de ces points physionomiques. 
Il faut bien se garder de les prendre pour des signes 
complets; ils sont au langage mimique ce que les 
points d'interrogation et d'exclamation sont à la pa- 



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19 

rôle; ils sont destinés seulement à indiquer le jeu de 
physionomie qui doit accompagner le sigfne. 

Le nombre de ces points physionomiques ^en- 
traînera ni embarras ni confusion ; parce que nous 
avons eu soin de donner à chacun une forme bien 
caractérisée, qui est une espèce de signe mnémoni- 
que propre à çn rappeler la destination. 

Ainsi, le point physionomique de la gaîté (planche 
II, colonne 7. C) est emprunté au caractère de la 
bouche , et rappelle les mouvemens des lèvres dans 
le sourire/ Une disposition contraire caractérise le 
point opposé (c). 

Dans un visage épanoui par des sensations agréables, 
les traits sont relevés, et seinblent éprouver une douée 
contraction de bas en haut ; dans le point physionomi- 
que du plaisir ( planche II, colonne 7. D), emprunté 
au caractère de la joue ( avec lequel cependant il est 
impossible de le confondre), le trait caractéristique 
est relevé. Il s'abaisse, au contraire, dans le point 
physionomique des sensations pénibles ou doulou- 
( reuses (d) 9 où les traits de la face sont affaissés. 

Le même point du plaisir (D) s'incline (E) pour 
indiquer le mouvement qu'éprouve la physionomie 
quand nous sommes attirés vers ce qui nous plaît. 

Le point de déplaisir (ûQ, penché en arrière, indi- 
que la physionomie delà répugnance, de la haine, etc. 

Le même point, incliné en avant, rappelle l'expres- 
sion de la comppssion , qui nous attire vers l'être qui 
souffre. 

Le point physionomique de la modestie, du res- 
pect (G), s'incline et se courbe en avant; l'opposé 
se redresse ep arrière (g). 



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20 

Il eut été, peut-être, convenable, pour l'explication 
de ces points physionomiques , d'y joindre une suite 
de têtes d'expression bien dessinées ; mais je n'ai pas 
crû devoir donner, un tel air d'importance à une si 
faible ébauche. 

On peut ajouter quelques points physionomiques 
à ceux que j'ai indiqués. On peut faire autrement ; 
on peut faire beaucoup mieux. 

Combinaison des signes élémentaires dans récriture 
miïnographique. 

Nous avons assigné des caractères à tous les élé- 
mens du geste ; tous ces caractères peuvent être ra- 
menés à un petit nombre de figures qui, par leurs 
formes ou leurs analogies, se gravent facilement dans 
la mémoire. 

Il s'agit maintenant de les combiner pour écrire le 
signe, tel qu'il s'exécufe à nos yeux. 

Le caractère du mouvement à exécuter se place 
après le signe de l'organe. Quand nous le plaçons 
avant ce dernier, c'est pour indiquer le mouvement 
que cet organe est censé avoir exécuté pour se mon- 
trer dans la position où il doit être en commençant 
le signé : c'est alors un signe de position. (Planches 
I et III.) 

Ainsi , si le geste commence avec la main fermée , 
le signe de la main sera précédé du signe du mouve- 
ment de flexion. (Planches III, Bf. 1 1, i9,a3.)Sinous 
avons à écrire le signe de ouvrir les yeux , comme il 
faut que les yeux soient préalablement fermés, le signe 



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21 

de l'œil sera précédé du signe de flexion. ( Voy. plan- 
che III, A, 8.) 

C'est par le même moyen qu'on indique la position 
respective où sont les mains au nopment d'exécuter le 
signe. (Planche!.) , 

Essayons maintenant de foire usage de nos carac- 
tères pour écrire quelques gestes ou quelques signes. 

Prenons pour exemple le jeu des deux organes 
dont les mouvemens sont les plus variés , dont le do- 
maine est le plus riche et le pi us vaste : je veux, par- 
ler de l'œil et de la main. 

Le signe de Pœil est le dessin abrégé d'un œil vu 
de profil. Nous y ajoutons un trait commun à tons 
les signes des, parties de la face: c'est une: ligne qui 
est censée marquer le profil depuis le front jusqu'au 
menton. (Planche II, colonne 5.) 

Faut-il écrire le mouvement de l'œil qui regarde 
en haut? nous écrivons d'abord le signe de l'œil, et 
ensuite le mouvement de bas en haut, (flanche III, 
A,I.) _ ; .:•.:■..' -:. 

Ce mot mimographique , composé de deux lettres, 
pourrait être traduit en latin par aspicere. j 

Faudrait-il écrire le, signe correspondant à despi* 
cere, regarder de haut en bas; au signe de Tœil nous 
ajouterons le signe de mouvement de haut en bas. 
(Planche III, A, a.-) •. . t 

Nous écrirons aussi facilement les signes de regar- 
der à droite (k.f. 3), regarder à gauche (/1 4)>regardcr 
en avant (prospicere) (/I 5), regarder autour (cj>- 
cumspicere) (f. 6). 

Il ne ser^ pas plus difficile d'écrire le signe de 
fermer les yeux (Jl 7), ouvrir les yeux (f,- 8 ). 






22 

Pour ce dernier signe, on peut faire précéder le 
signe de l'œil du signe du mouvement qui se ferme % 
afin d'indiquer que l'organe doit être fermé au mo- 
ment d'exécuter le^signe. On sent que ce soin est 
presque superflu dans cette circonstance. Nous n'en 
faisons mention que pour foire voir à quel degré de 
fidélité minutieuse on peut porter l'écriture mimô- 
graphique. 

Si dans le signe qui exprime l'œil qui se ferme r 
nous ajoutons, sur le caractère du mouvement, l'ac- 
cent diminutif \ nous aurons écrit, le signe de cligner 
( planche III, À, 9); et si nous y joignons l'accent 
fréquentatif, au lieu de cligner, nous aurons exprimé 
clignoter. 

Parcourons les autres signes de cette colonne: 

A.y^ 10. Ouvrir de grands yeux , ou bien ouvriF 
largement les yeux, comme daus Pétonnement. 

f. 1 1. Ce signe représente deux mouvemens simul- 
tanés. Le mouvement de gauche à droite est sur- 
monté d'un accent aigu, qui indique qu'il appartieat 
à l'œil gauche; l'accent grave du mouvement de 
droite à gauche fait voir que ce mouvement est 
exécuté par l'œil droit : c'est l'expression de loucher. 

Presque tous ces signes peuvent être diversement 
modifiés par les expressions variées de la physiono- 
mie , qui peuvent les accompagner : on peut regarder 
avec attention, avec plaisir, avec peine, avec com- 
passion, etc. 

Les signes f 12 renferment , avec le signe de 
regarder en haut, le point physionomique de l'at- 
tention , d'une grande attention , d'une extrême 
attention. 



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15 

f. 1 3, Regarder en haut avec plaisir, avefc Un extrême 
plaisir. Le troisième des signes, compris sous ce 
chiffre*, exprime, par le moyen de l'accent, un regard 
prolongé accompagné d'un extrême plaisir. Il donne- 
rait l'idée de l'extase. 

f. 14. Regarder en haut avec respect. 

f. 1 5. Regarder en bas avec dédain. 

/ 16. Regarder en bas avec plaisir. 

/. 17. Regarder en bas avec compassion. 

R. (Planche III.) 

Nous avons réuni sous cette lettre des exemples 
de signes qui s'exécutent avec la main. . 

j\ 1 . Nous trouvons dans le premier exemple le 
caractère de la main, tel que nous le présente le troi- 
sième caractère de la deuxième colonne s planche IL 

Le second caractère exprime un mouvement dé 
devant en arrière; c'est donc la main qui vient s'ap- 
puyer, à plat, contre la poitrine. 

On peut raccourcir le caractère de la main comme 
dans le second exemple, si l'on veut le réduire aux 
proportions ordinaires des lettres de notre écriture, 
qui ne sont jamais plus lafges que hautes. 

Ry* a. Le premier caractère est le même que le 
premier de la première colonne , planche II ; c'est la 
main vue de dos, les doigts en haut. Le second carac- 
tère indique un mouvement en avant. Ce signe peut 
correspondre au pronom de la deuxième personne. 

f. 3. La main (placée comme dans la première fig., 
deuxième colonne, planche II ) s'élève lentement vers le 
ciel; la physionomie exprime le respect : signe deDieu. 

f. 4. Je vois ici la main en racourci ( comme dans la 



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planche II , troisième colonne, cinquième figure) , le 
bout des doigts en avant , le bord externe en bas; le 
mouvement en avant : signe du futur. 

f. 5. Même position de la main ; grand mouvement 
en arrière par-dessus l épaule : signe du passe. 

f. 6. La main Comme dans la troisième figure de la 
première colonne, planche II ; mouvement en avant : 
signe d'avant. 

f* 7. La main horizontalement placée , la paume 
tournée en bas, le bout des doigts en avant (plan- 
che II, colonne 1 , figure 5) ; grand mouvement de 
bas en haut : signe de grand t élevé. 

f. 8. Mêmes caractères; le signe du mouvement est 
surmonté de l'acceiit successif: signe de grandir. 

J\<£. Ici la direction du mouvement est changée : elle, 
est de haut en bas : signe de diminuer, rapetisser. 

f. 10. La main fermée s'ouvrant plusieurs fois : signe, 
de pluralité. 

f, 1 1 . La main fermée s'ouvrant successivement (un 
doigt après l'autre ) : signe de quelque. Si l'on ajou- 
tait le point physîonomique de l'attention , ee serait 
le signe de compter. 

f. i3. Les mains, horizontalement, la paume en 
haut ; mouvement de haut en bas. Ce geste entre dans 
plusieurs, signes; il comporte l'idée de soulever. 

Le second exemple offre le même signe avec abré- 
viation; au lieu d'écrire les deux mains, nous nous 
sommes contentés de l'écrire une fois avec les deux 
accens de gauche et de droite. 

- f.'ilt. Les deux mnins jointes, comme l'indique le 
trait -d'union : signe de prière. Un tréma au lieu du 



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i5 
ttait d'union, indiquerait les mains rapprochées, mais 
sans se toucher. 

f. 16, Les deux mains jointes avec un mouvement 
contre soi-même : prière, supplication. 

f. 17. signe composé des signes B 14 et A 14: 
prière au ciel. 

£ 18. Les deux mains jointes éprouvant un mou- 
vement de rotation (la gauche de droite à gauche, la 
droite de gauche à droite) représentent un livre que 
l'on ouvre : signe de livre. 

f. 19. La main fermée se porte en avant et s'ouvre: 
signe de donner. 

f. 20. La main ouverte se porte en avant, reçoit, 
se Ferme et se rapproche de la poitrine : signe de 
recevoir. 

f. iki. La main placée horizontalement, la paume 
vers la terre , se porte en bas, se ferme et se relève : 
signe spécial de prendre. 

f. 11. Le même signe avec des accens qui modifient 
les divers mouvemens : la main se porte lentement 
en bas, saisit avec force et enlève avec vivacité. 

f. a3. La main fermée est poussée en avant , et fait 
un mouvement de rotation : fermer une porte. 

Ces exemples suffiront, je pense, pour faire appré- 
cier l'écriture mimographique , et faire juger com- 
bien il faudrait peu de temps pour mettre le sourd- 
muet en état de lire et d'écrire ces signes. 

On a pu remarquer combien le langage mimique 
est quelquefois concis, puisqu'il faut, souvent, trois 
ou quatre mots français pour rendre un mot mimique 
de deux ou trois caractères. De cette extrême cohci- 



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26 

sion haïssait une des grandes difficultés que ies mé- 
thodes usitées eussent à surmonter , et qui s'aplanit 
d'elle-même devant l'écriture mimographique. 

On a proclamé depuis long-temps la règle fonda- 
mentale de l"instruction des sourds-muets, daller 
des idées aux mots ; mais quand on venait à l'appln 
catidn , lé principe était oublié, et c'étaient les mots 
qui servaient de pivots à toutes les explications ; c'é- 
tait dans les mots que l'on cherchait les signes des- 
tinés à les faire connaître aux sourds-muets. 

Par la parole, nous analysons la pensée, et nous 
en présentons distinctement les élémens l'un après 
l'autre à l'attention de l'esprit i qui doit les recom- 
piler et les réunir, pour recomposer et saisir, dans 
son ensemble, le tableau que les termes de la proposi- 
tion nous ont montré pièce à pièce. 

Je n'ai pas besoin de dire que le sourd-mùet n'est 
pas, tout de suite* en état de faire cette opération* 
L'analyse qu'il fait de la pensée est long-temps incom- 
plète. Pendant long-temps il a plutôt le sentiment 
que la connaissance de ses idées. Plus tard, le besoin 
de comuniquer sa pensée le met dans l'obligation 
de la décomposer, afin d'en présenter successive- 
ment les élémens, puisqu'il ne peut l'exprimer dans 
son unité collective. Mais l'analyse qu'il en fait par 
le langage mimique , ne correspond pas exactement , 
terme pour terme , à celle que nous faisons par la 
parole; ces deux analyses diffèrent comme lesinstru- 
mens qui ont servi à les exécuter. Les coupes opérées 
par l'un et l'autre moyen sont rarement parallèles; 
tantôt plus grandes, tantôt plus petites; quelquefois 
elles se rapprochent, plus souvent elles sont diver- 



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gcntes. Il en résulte que telle idée qui, pour le jeune 
sourd-muet, est, en quelque sorte , élémentaire, 
parce qu'elle est encore iodécomposée ; est complexe 
et composée de plusieurs élémens distincts pour celui 
qui parle. 

S'il nous arrive donc d'offrir aux sourds-muets ces 
élémens, il ne pourra en opérer la combinaison pour 
la rapporter à un modèle déjà connu de son esprit. 

Que sera-ce si, à cette complication déjà trop 
forte pour cet esprit novice , l'instituteur ajoute 
l'analyse des formes grammaticales que le sourd-muet 
ne connaîtra pas de long-temps. 

Un exemple va faire entendre ma pensée. 

Je suppose que l'instituteur veuille dicter au sourd- 
muet ces mots : Regarder en haut avec un extrême 
plaisir (planche 3. A. f. 1 3). Un seul signe pourrait ren- 
dre ces six mots. On ne peut guère attendre du sourd- 
muet qu'il décompose de lui-même ce signe , qui est 
pour lui l'expression d'une seule idée, et qu'il en dé- 
mêle des élémens. C'est donc au maître à le diriger* 

Voyons comment ces mêmes mots seraient dictés 
dans l'école de l'abbé Sicard, et combien cette expli- 
cation exigerait de signes : 

i°. Regarder démandera trois signes.: i°. signe du 
radical (je fais grâce du double voir, par lequel on 
prétendait expliquer ce mot); a°. signe du mode 
indéfini; 3*. signe du présent. 

a°. En, signe complexe de la préposition qui ex- 
prime le rapport indéterminé du contenu au conte- 
nant; ce signe se fait, dans l'école, en traçant en 
l'air un cercle horizontal , dans lequel on plonge le 
doigt en divers endroits. 

3 



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a8 

3°. Haut, un signe. 

4°. jjvcci un signe. 

5°. I In , deux signes: i°. signe de l'article inde* 
fini; a°. signe du genre masculin. 

6°. Extrême. Ce mot , qui est un adjectif au super* 
latif , et pourrait se traduire par deux ou trois mots , 
exigerait au moins trois signes dans le système de 
l'école. 

70. Plaisir, trois signes: signe du radical, signe 
de l'adjectif, qui devient substantif. 

Voilà, de bon compte, treize ou quatorze signespour 
exprimer une idée que le sourd -muet peut rendre 
par un seul geste. 

Pour comprendre cette longue série de signes ana- 
lytiques, il faut qu'il les réunisse en un seul tableau, 
qu'il en saisisse tous les rapports d'un seul coup d'œil, 
et en combine tous les élémens divers en un seul 



signe. 



Il n'est pas difficile d'apprendre au sourd- muet à 
écrire les mots à mesure qu'ils lui sont dictés; le pu* 
blic aveugle admire; mais l'instituteur consciencieux 
ne peut se contenter de cette trompeuse apparence. 
11 veut que l'élève comprenne tout ce 'qu'il- lit et tout 
ce qu'il écrit. 

Le plus sûr moyen de l'amener à ce point , est de 
se servir des signes qui lui sont familiers, pour lui 
faire découvrir, dans l'idée même qu'il faut exprimer, 
la raison de tous les mots que nous employons pou' 
la rendre dans notre langue. 

Voilà le principe; mais l'application n'est pas tou- 
jours facile. Les divers élémens d'une idée sont quel- 
quefois si étroitement unis dans le langage mimique, 



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a 9 

qu'il est difficile de les isoler pour affecter à chacun le 
mot français correspondant. En effet , pour nous ar- 
rêter à l'exemple cité, comment séparer le regard de 
sa direction ? comment montrer l'expression de l'or- 
gane , sans montrer l'organe ? La mimographie pour- 
rait être ici d'une grande ressource; puisque, sans 
détruire l'unité du signe, elle laisse voir distinctement 
tous les élémens, qu'il est indipensable d'y reconnaître 
pour y appliquer les mots qui doivent les traduire. 

Ce n'est cependant là qu'un des plus faibles secours 
que cette écriture pourrait offrir à l'instruction des 
sourds-muets. J'en ai exposé les principaux avantages 
dans une lettre au conseil d'administration et au 
conseil de perfectionnement des sourds-muets. Elle 
servira de complément à ce que j'avais à dire sur cet 
objet. 



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3b 



EXTRAIT 



If une lettre, adressée a messieurs les Membres du 
Conseil d y administration et du Conseil de per- 
fectionnement de l'institution royale des sourds* 
muets de Paris. 



Messieurs,. 

En portant votre attention sur les obstacles qui 
entravent l'instruction des sourds -muets, vous avey 
pu y reconnaître trois causes principales : 

i°. Défaut de méthode, ou du moins défaut dune 
méthode fixe et uniforme. Aucun accord de prin- 
cipes, aucune harmonie dansle mode d'enseignement, 
aucun plan régulièrement coordonné, ne lie entre elles- 
Tes diverses classes où les élèves doivent successive- 
ment passer. Chaque instituteur, professeur, ou ré- 
pétiteur, abandonné à lui-même, sans guide ni prin^ 
cipes, flotte dans le vague, n'obéissant le plus souvent 
qu'à l'empire des circonstances et à l'inspiration du 
moment. 

2°. Absence d'un système régulier de signes. On 
sait que ce sont les notions exactes et précises qui 
donnent naissance aux signes justes; et la justesse 
des signes, à son tour, exerce la plus grande influence- 
sur la rectitude des idées. Dès lors on sent combien 



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3i 

il serait important d'établir un système régulier de 
signes fondés sur la double base de la nature des 
idées et de leurs analogies. Un pareil travail est digne 
de tous les soins des instituteurs. 

3°. Défaut de moyens d? étude pour les élevés. 
Cette difficulté a été tacitement si bien reconnue, que 
l'on ne donne aucune espèce de devoirs aux élèves. 
Tout le temps qui s'écoule d'une leçon à l'autre est 
en quelque sorte nul pour leur instruction. Cependant 
il est bien constant qu'il n'y a de vraiment fructueux, 
pour le sourd-muet, que le travail solitaire de l'étude, 
où l'esprit digère et s'approprie, par la réflexion, les 
idées qui ont été éveillées pendant |a classé. La leçon 
du maître est la matière sur laquelle l'attention doit 
travailler dans le recueillement; elle ne fait qu'indi- 
quer à l'élève ce qu'il doit chercher et retrouver dans 
son propre fonds ; elle jette la semence que la réflexion 
doit développer et faire fructifier. Les perceptions de 
l'étude sont plus nettes et plus profondes; on suit mieux 
et avec plus de satisfaction l'enchaînement de ses pro- 
pres idées. Les pensées, liées entre elles, cessent d'être 
fugitives , et forment un ensemble solide et durable. 
Si quelqu'une nous échappe, nous avons appris le se* 
cret de la rappeler par le fil du raisonnement et de 
l'analogie; nous la retrouvons comme nous l'avons 
découverte. Les progrès que l'on fait alors , les con- 
naissances que l'on acquiert, produits directs de nos 
efforts, deviennent une propriété plus personnelle. 

Ce travail intérieur, qui est si fructueux, est aussi 
rempli d'agrémens. On y prend le goût et l'habitude 
de l'étude. Il développe notre capacité d'attention; 
faculté qui constitue le plus éminemment la différence 



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3a 
des esprits. L'élève qui est toujours simple specta- 
teur des leçons de son maître, est comme l'enfant que 
Von mènerait toujours à la lisière, et dont les membres, 
constamment soutenus, n'acquerraient ni vigueur, 
ni souplesse. C'est l'exercice qui développe les forces 
de l'esprit comme celles du corps. L'étude, cette 
gymnastique intellectuelle, est d'autant plus néces- 
saire au sourd-muet, que ses facultés sont restées 
engourdies dans une longue inaction. 11 est superflu 
dé dire combien tous les momens sont précieux pour 
cet infortuné, qui commence si tard et a si peu de 
secours pour son instruction. Faut-il qu'il soit en- 
core privé du moyen le plus efficace, du seul même 
qui puisse assurer ses succès? Faut-il qu'il soit con* 
damné à ne tirer aucun fruit de la plus grande partie 
du temps, déjà si court, que les règlemens de votre 
institution lui accorde? N'a-t-on pas lieu de s'étonner 
que personne n'ait encore songé à remplir cette la- 
cune dans l'enseignémçnt ? Est-ce insouciance? est-ce 
impuissance? 

Le travail privé dePélève me paraît si important pour 
son avancement, que je ne doute pas qu'une heure 
d'étude bien préparée et bien dirigés ne fût aussi 
profitable que deux heures de leçons ordinaires. 

Les difficultés que je viens de sigualer, et qui n'a- 
vaient pas échappé à votre attention, sont grandes ; 
mais elles ne sont pas insurmontables : elles ont fait 
long-temps l'objet de nos méditations. 

Dans l'ouvrage que vous avez bien voulu adopter 
pour l'usage de l'institution , j'ai tracé , pas à pas, 
la, marche que doit suivre l'instituteur dans TenseU 
gnement grammatical, base fondamentale de l'in- 



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33 

ttruction des sourds-muets. J'ai cherché à dégager 
lait , de tout le faux brillant du charlatanisme , et de 
toutes les superfétations d'une vaniteuse présomp- 
tion. En rendant sensible, par divers procédés, la 
valeur des formes grammaticales, et en traçant, à la 
fin de chaque leçon, plusieurs modèles d'exercices, 
j'ai voulu donner un premier moyen de faire étudier 
le" sourd-muet. 

Mais ce n'est pas assez d'appeler son attention sur 
les lois qui président à la construction de la phrase ; 
il faut aussi lui en faire connoître les élémens consti- 
tutifs, c'est-à-dire, les mots. Avant d'étudier les mot* 
sous les formes dont la syntaxe les revêt pour les 
enchaîner entre eux et reproduire dans le discours tous 
les rapports qui régnent dané lés idées, il faut étudier 
la signification propre, la valeur absolue, intrinsèque, 
de chaque expression. C'est peu de connaître le mé- 
canisme extérieur de la proposition , si l'on n'en sait 
pénétrer le sens-, mais c'est encore moins, si, con- 
naissant la valeur des mots considérés isolément, on 
ne sait combiner ces élémens dans l'esprit pour y re- 
composer le tableau de la pensée exprimée. Il est 
donc indispensable de faire marcher de front l'étude 
r/e la syntaxe et celle de la nomenclature ; car , si la 
valeur des mots est nécessaire pour l'intelligence, de 
la phrase, d'un autre côté, c'est souvent le sens de 
la phrase qui détermine la valeur de chaque expres- 
sion. 

Voilà pourquoi vous auriez désiré, Messieurs, 
qu'après avoir établi le principe, j'en fisse aussi l'ap- 
plication, et que j'ajoutasse au Manuel d'enseigne- 
ment des sourds- muets une nomenclature métho- 



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34 

clique dressée dans l'ordre de génération logique des 
idées. Je sens toute l'importance d'un pareil travail ; 
mais j'en ai mesuré aussi [es difficultés. Une nomen^ 
clature complète de ce genre offrirait le tableau 
le plus vrai de l'histoire naturelle des facultés 
intellectuelles : ce ne peut être l'œuvre que d'un 
philosophe du premier ordre. Aussi, Messieurs, avez- 
vous demandé que cette nomenclature fût restreinte 
aux termes usuels» 

Ici s'élève une nouvelle difficulté , celle de déter- 
miner les limites dans lesquelles il faudrait renfer- 
mer cette nomenclature , limites nécessairement va- 
riables, se rétrécissant ou s'étendant selon l'intelli- 
gence et le degré d'instruction des élèves, et sur- 
tout selon la sphère où il est appelé à vivre. Je sais 
que le directeur de l'institution, M. l'abbé Périer, 
s'occupe, ou du moins a l'intention de s'occuper 
d'une .nomenclature méthodique et logique, appro- 
priée aux besoins de chaque classe. Cette considération 
suffit pour me détourner d'entreprendre le même tra- 
vail. 

Vous avez pensé, Messieurs, que pour compléter 
mon ouvrage, il serait à propos d'y tracer les règles 
du langage mimique, et de joindre, à chaque exemple 
qui doit être mis sous les yeux des élèves, la descrip- 
tion des signes qui peuvent servir à l'expliquer. 

L'utilité d'un pareil travail a fait peut-être fermer 
les yeux sur les difficultés de l'exécution. 

Mais il est possible de remplir d'une autre manière 
les vues de l'administration. 

Convaincu, depuis long-temps, de la nécessité de 
régulariser le langage mimique , et de former un sys-* 



1 



35 
tème régulier de signes, j'avais cherché les moyens 
d'arriver à cet important perfectionnement. Il ne 
m'avait pas été. difficile de reconnaître que la pre- 
mière condition du succès serait de parvenir à fixer 
les signes mimiques sur le papier, afin de pouvoir 
les étudier dans leurs rapports, les combiner, les clas- 
ser, et ensuite conserver et transmettre les résultats 
de ce travail. 

Je pensai qu'il ne serait pas impossible de trouver 
des chiffres pour écrire les signes, comme on écrit la 
parole avec des lettres. Après beaucoup d'essais, je 
m'assurai que les combinaisons d'un petit nombre de 
caractères suffiraient pour représenter tous les signes 
imaginables ; et que cette écriture pourrait être por- 
tée à un tel degré de simplicité , qu'après huit ou dix 
jours d'étude un sourd-muet pourrait en faire usage. 

Ce n'est pas une écriture idéographique que je 
prétends donner , mais une peinture exacte et fidèle 
du signe, tel que le sourd-muet l'exécute. Je sens 
combien cet essai est imparfait ; c'est au zèle et à 
l'expérience des instituteurs, et au concours de tous 
les amis des sourds-muets, à le corriger et à le com- 
pléter. 

Je n'ai pas besoin de développer tous les avantages 
qui pourraient en résulter pour l'avancement de l'art. 

i°. Établissement d'un système régulier et uni- 
forme de signes, qui fixerait ce langage livré, jusqu'ici* 
aux systèmes, aux caprices et à l'ignorance; 

2°. Formation d'un vocabulaire mimique, aussi 
utile au maître qu'à 1 élève : l'un y trouverait les 
signes mimiques des idées, et l'autre la signification 
des mots ; 



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36 

3°. Moyen sûr, pour le sourd-muet , de conserver 
Itê connaissances acquises, et de les développer par 
l'élude. 

Je n'arrêterai votre attention v Messieurs, que sur 
-ce dernier point, pour répondre au désir que vous 
avez manifesté d avoir un moyen d'exercer l'élève à 
travailler seul : objet important, entièrement négligé 
jusqu'ici. 

Quand un instituteur a expliqué dans sa leçon une 
vingtaine de rapts, l'élève conserve ces mots sur son 
cahier; mais il ne peut y fixer, en même temps, les 
idées qui y correspondent. Si Ton a suivi Tordre alpha? 
bétique, les idées n'ayant aucune liaison entre elles, 
l'élève n'aura aucun moyen pour se reconnaître au 
milieu de ce chaos. Si Ton a rapproché les mots d'après 
l'analogie des idées, les nuances qui les caractérisent 
étant souvent légères, la confusion sera quelquefois 
facile. Je suppose donc que l'élève veuille mettre à 
profit l'intervalle d'une leçon à l'autre, et revoir les 
mots qui ont servi de texte à la démonstration de 
l'instituteur; qu'arrive-t-il ? Parmi le grand nombre 
d'idées qu'ont éveillées les explications de l'instituteur, 
si quelques-unes ont fui de sa mémoire, les mots 
correspondans n'ont rien qui puisse les rappeler; 
car les mots n'ont, en eux-mêmes, aucun rapport à 
l'idée. Il faut donc de nouvelles leçons. Ce n'est pas 
tout, l'élève court encore risque ou de rapporter à un 
mot une des idées accessoires qui ont servi à l'expli- 
quer, ou, par une méprise bien plus grave, il confond 
les mots entre eux, et donne à. l'un la signification de 
l'autre; au lieu d'avancer, il recule; car Terreur est 
plus loin de la vérité que l'ignorance. L'étude, dans 



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. _ 3t : 
cette circonstance, lui aura été plus nuisible que 
profitable. 

11 faut donc que l'instituteur emploie ses leçons à 
rapprocher, cent et cent fois, et le mot et l'idée, jusqu'à 
ce qu'il les ait fortement unis, et en quelque sorte gra- 
vés l'un sur l'autre dans la mémoire de chaque élève. 
Tout mot omis par le maître, tout mot. oublié par, 
l'élève, est perdu pour, l'usage de ce dernier. Ce n'est 
qu'à la fiu de son cours d'instruction qu'il sera peut- 
être en état de comprendre une définition, et trou- 
ver, sans autre secours que le dictionnaire, le sens 
d'un mot qu'il ne connaîtrait pas ou qu'il aurait 
oublié. Que dis-je ? sur vingt élèves qui sortent 
chaque année de l'institution , il s'en trouve à peine 
un qui soit assez instruit pour faire usage d'un dic- 
tionnaire. Leur seul dictionnaire, c'est leur profes- 
seur. Mais ce secours n'est pas toujours sous leur 
main, et ils en sont entièrement privés lorsqu'ils 
rentrent au sein de leur famille. 

Mais, si à côté du mot (i), le sourd-muet pouvait 
peindre le signe qui lui en a fait connaître la valeur, 
il fixerait ainsi la signification si fugitive des mots; 
il pourrait, sans risque de se tromper, revoir, étu- 
dier la leçon du maître, et même la devancer. Il 



(i) Voici une épreuve que j'ai faite en présence de plusieurs 
personnes , sur un sourd-muet qui avait étudié la mimo- 
graphie pendant quelques jours seulement. A côté d'un mot 
latin qu'il ne pouvait connaître , j'écrivais le signe niimogra- 
phique, et il en donnait la traduction ; et quand il lui arrivait 
de ne pas trouver le terme français, il l'expliquait par ses 
restes. 



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38 
pourrait se former un vocabulaire où il retrouverait 
au besoin toutes les explications qui auraient pu 
échapper de sa mémoire. 11 n'aurait plus besoin d'a- 
voir recours continuellement à son instituteur; et 
celui-ci, étant dégagé de la fastidieuse obligation de 
revenir incessamment sur les mêmes mots cent fois 
appris et cent fpis oubliés , ils marcheraient tous deux 
d'un pas rapide dans la voie d'une instruction solide* 



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39 



EXTRAITS 

DE DIVERS RAPPORTS FAITS AU CONSEIL d' ADMINIS- 
TRATION DES SOURDS-MUETS DE PARIS, SUR LE 
MA3UEL DE L'iNSl ITUTEUR DES SOURDS-MUETS. 



Extrait des registres des délibérations du Conseil 
d'administration de Tlnstitut royal des sourds- 
muets de Paris. Séance du \l\juin i8*3. 

Après avoir entendu le rapport sur l'ouvrage de 
M. Bébian , l'Administration considérant que ledit 
ouvrage est essentiellement nécessaire pour l'instruc- 
tion; qu'il est tout d'application, et peut être regardé 
comme le rudiment du langage des sourds-muets; 
qu'il offre l'avantage d'être également utile aux pères 
de famille qui se chargeraient de l'instruction de leurs 
enfans affligés de la même infirmité; témoigne s» 
satisfaction à M. Bébian , l'invite à mettre la der- 
nière main à son ouvrage, et arrête que Son Excel- 
lence M. le garde des sceaux sera prié d'autoriser, 
aux frais du gouvernement, l'impression dudit ou- 
vrage au nombre de mille exemplaires. 

Extrait du procès verbal des séances du Conseil de 
perfectionnement de tlnstitut royal des sourds~ 
muets. 

Le conseil a reconnu en principe, non-seulement 
qu'il est indispensable de donner aux instituteurs -clés» 



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-£&* 



4o 

Sourds -muets un Manuel-Pratique dans lequel la mé- 
thode soit fixée et décrite par une suite d'exercices; 
mais que la rédaction et l'adoption d'un semblable 
Manuel, est le premier pas à faire pour préparer les 
progrès et le perfectionnement de cet enseignement, 
et même pour empêcher qu'il ne dégénère et ne tombe 
dans la confusion et le désordre, par l'arbitraire c-t 
l'incertitude, qui ne manqueraient pas de s'y intro- 
duire. 

Le conseil a reconnu ensuite que le travail rédigé 
par M. Bébian , sous le titre de Manuel de V insti- 
tuteur des sourds-muets , est propre à remplir ce but ; 
qu'il satisfait aux besoins essentiels de l'enseigne- 
ment, et qu'il promet de devenir, par les soins que 
son auteur peut apporter encore à le compléter et à 
le revoir, un véritable type normal qui donnera enfin 
une forme précise et stable à la méthode. 

Extrait et un rapport fait au Conseil d'adminis- 
tration , par M. le baron de Gerando. 

M. Bébian avait déjà montré , par un Essai sur les 
sourds-muets et sur le langage naturel, publié en 
1817, l'étude approfondie qu'il avait fait de la théo- 
rie des langues et des méthodes employées pour 
l'instruction des sourds-muets. Appelé bientôt aux 
fonctions de répétiteur ( et ensuite de censeur des 
études ) dans l'établissement de Paris, il y fit preuve 
du talent le plus distingué ; et nous ne craindrions 
pas d'avancer que l'abbé Sicard n'a trouvé aucun 
collaborateur' qui ait mieux conquis sa pensée, et qui, 
en appliquant sa méthode , en ait mieux perfectionné 




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N 



4» 

los détails. Son doge de l'abbé de KÉpée a obtenu un 
succès 'mérité. 

Manuel des sourds-muets. {Suite du même 
rapport.) 

Le but de cet écrit est d'offrir aux instituteurs des 
sourds-muets l'exposition pratique et méthodique des 
procédés à suivre dans l'instruction des sourds-muets. 
Ces procédés sont ceux dont l'abbé de l'Épée et 
l'abbé Sicard ont posé les principes et développé 
l'application ; mais l'auteur y a porté une précision , 
un ordre, une clarté fort remarquables, et y a 
ajouté un grand nombre de perfectionnemens. 

En définitive, après avoir examiné cet ouvrage, 
et subordonnant notre opinion au jugement de nos 
collègues , en reconnaissant que l'ouvrage a besoin 
d'être revu et complété , nous n'hésitons pas à témoi- 
gner non-seulement qu'un semblable traité manquait 
à l'art , mais qu'il lui était essentiellement nécessaire. 
Ce traité a l'immense avantage d'éviter aux insti- 
tuteurs les tâtonnemens, les divagations, les essais 
infructueux, qui sont inévitables pour un instituteur 
qui s'engage dans ce difficile enseignement, avec le 
seul secours que lui offrent les ouvrages publiés jus- 
qu'ici , et ses propres méditations. 

Il a l'immense avantage, d'affranchir l'enseigne- 
ment pratique de T'influence des systèmes de méta- 
physique çt de grammaire générale qui peuvent être 
propres à chaque instituteur, et dans la vaste éten- 
due desquels il peut facilement s'égarer. 

M a l'avantage non moins précieux encore , et 






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4a ' ' ■"'■■:•■•■ 

unique jusqu'à ce jour,, de pouvoir être mis dan* 
les mains d'un père de famille instruit, d'un institu- 
teur particulier qui n'aurait pu suivre les leçons d'un 
établissement de sourds-muets. 

Il a l'avantage de pouvoir, dans chacun de ces 
établissemens , ramener sans cesse à T-unité les di- 
verses branches d'enseignement confiées aux sous- 
maîtres. 

Enfin , quoiqu'entièrement pratique t il a pour 
1 avancement de l'art en lui-même, cet avantage qu'il 
offrira aux méditations des esprits philosophiques 
qui s'occupent de ce heau et grand sujet, une matière 
fixe et certaine qui leur tiendra lieu de l'expérience 
des faits dont ils pourraient être dépourvus. 



VILLE DE LYON 
libliûtk.dulalJisdeî irtt 

FIN. 



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-Q^-pCuà en tvuai\ 
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